Carnets de doutes, note nébuleuse...
«Cette histoire est entièrement vraie, puisque je l'ai imaginée»
L'Écume des jours
Boris Vian
……mais en suis-je vraiment sûr
Les récits sont souvent épars, éclatés, je n’échappe pas à la règle en notant ce qui me semble incongru dans un petit carnet acheté pour l’occasion. En retrouvant le calme suranné de mon home sweet home, je prends un peu de recul. Les notes sont, comme le souligne Michel Foucault, « des fragments philosophiques dans des chantiers historiques ». Vraisemblablement, le temps accentuera une certaine prise de distance avec mes écrits non philosophiques mais assurément anecdotiques. Anecdotiques, comme ces deux rencontres sans aucun intérêt, et cette troisième, ah cette troisième.….
Paris, Orly, Départ pour Marrakech
Silhouette empâtée, pour ceux qui se souviennent de ces années 90 –cul-tu-(r)-elle-, au style strass sans paillettes, mais avec quête de sens, j’aperçois Jacques Pradel, « perdu de vue » cathodique, depuis qu’il a fricoté avec l’ami Roswell. Retourné, malgré lui, sur les ondes radiophoniques, il se rappelle à nos bons vieux souvenirs le temps de bêtisiers « endemoliens » . La vérité doit certainement être ailleurs. Près de moi, j’appréhende de 3/4 la belle Julie Snyder, gracieuse au sourire doux et au visage légèrement émacié. En regardant son « short show » sur Cuisine TV, nous pouvons tous espérer devenir un grand chef. Dans un moment d’une extrême « non-lucidité », Marion, qui m’accompagnait, renforce ses nouvelles velléités artistiques en optant pour l’art photographique. Les deux « grandes vedettes » chamanisent leurs présences, en se rendant indifférentes aux preuves d’amour de l’œil de Moscou. Photos ratées…
Place Jemaa-el-Fna, Marrakech
Le quotidien d’un homme est souvent fait d’improbabilités. Alors que nous bravions les charmeurs de serpents, un peu trop complaisants, je croise le réalisateur allemand Wim Wenders. Grand, les cheveux hirsutes. Réalisateur du sublime « les Ailes du Désir », film poème sur le Berlin d’avant la chute du mur. « Moi, je sais maintenant ce qu’aucun ange ne sait », c’est par amour que Damien, magnifique Bruno Ganz, devient mortel. La souffrance et l’amour sont souvent les deux faces d’une même pièce, et ce n’est pas toi qui me contrediras (note au lecteur, la personne se reconnaîtra (sic)). Avant d’être cinéaste, Wim Wenders a étudié la philosophie, ce qui explique certainement les partis pris spirituels de sa mise en scène : Le Bonheur amoureux existe t’il ? Je suis un égocentrique cynique, lâche, romantique, qui pense oui. Mais, mon cœur trop égratigné, me pousse à dire non. Rencontrer Wenders au Maroc, me renvoie aux hasards et coïncidences d’un roman d’un vieux complice de chevet, Paul Auster, « La nuit de l’oracle ». L’un des protagonistes du livre est hanté, après une brève rencontre, par un artiste expressionniste allemand, ce dernier sera la cause de son désarroi itinérant. Wim Wenders sera la cause de mon émoi atterrant.
Comments
En tout cas, c'est toujours avec un petit plaisir jubilatoire que je croque tes écrits!
Je cours de ce pas commander l'intégrale Paul Auster. Depuis le temps que j'y pense ^^
Bien écrit, sinon, Cit'.
Je pense aussi m'abonner à J'aime Lire, la revue pour enfants. C'est aussi (dés)enchanteur que Paul, aussi anecdotique que toi, mais là où les trois se rejoignent, c'est dans le plaisir procuré. Rock on.
MH
L'anecdote, le detail que personne ne voit, l'inutile, le presque invisible, le tout petit rien appartiennent aussi à mes nourritures et de ce presque mirage je me sens pleine et vivante.
J'aime bien le "désarroi itinérant" et "l'émoi attérant" ...
Attérant, attérant ! ...pour arriver à vivre un peu mieux ensemble avec soi-même, faudrait peut-être commencer à s'habituer à devenir un peu plus gentil avec soi ...
Amitiés
au plaisir cher ami
merci
Mon préféré : Paris, Texas (j'adore aussi "si loin si proche" et "les ailes du désir"